Pourquoi est-on transgenre/transsexuel ?

Est-ce que l’on naît transgenre, ou est-ce qu’on le devient ? Malheureusement, la question est bien trop complexe pour vous donner une réponse tranchée à la fin de cet article.

Pourquoi est-on transgenre ? C’est bien là la question de tous les débats. Le but de ce texte n’est absolument pas de jouer les donneurs de leçons et de chercher à vous convaincre par rapport à telle ou telle explication.

L’idée sera simplement ici d’émettre des hypothèses, et surtout essayer d’accompagner les personnes transgenres qui se posent questionnent, mais également leur entourage.

De nombreuses raisons peuvent être analysées afin d’expliquer la transidentité. Nous allons essayer de vous les développer à travers cet article, sans jugements mais également sans tabous.

Causes et raisons de la transidentité

La transsexualité au cœur d’une société de genre : un sujet qui divise.

C’est un terme plus ou moins français, mais qui est absolument parfait pour décrire le monde dans lequel nous vivons : une société genrisée. Ce terme « genrisé » qui avouons-le n’a pas encore sa place dans le dictionnaire est une traduction française du mot anglais « gendered », en d’autres termes une société de genres.

Avant même votre naissance pour annoncer l’heureux évènement à la famille, vos parents utiliseront la couleur bleue si vous êtes un petit garçon ou la couleur rose si vous êtes une fille. A côté du berceau une fois venu(e) au monde, les amis et les famille déposeront une poupée si vous êtes une fille ou par exemple un petit camion en jouet si vous êtes un garçon. Quand vous sortez avec vos parents de l’hôpital, vous serez directement vêtu(e) d’une petite robe si vous êtes de sexe féminin, ou d’un pantalon si vous êtes un garçon.

En résumé, en fonction du sexe de l’enfant, des codes dictés par notre société vous seront imposés dès les premières secondes, sans même que vous n’ayez votre mot à dire. D’un autre côté à ce moment-là vous ne savez pas encore parler… Enfin, restons sérieux.

Devient-on transgenre / transexuel ? Ou est-ce qu’on naît trans’ ?

Le grand débat de notre société, c’est de chercher à comprendre : Un individu devient-il transgenre avec le temps car il souhaite casser avec ces codes de genre imposés par la société ? Ou est-ce que l’individu naît directement transgenre ? Une question relativement complexe car elle divise même au sein de la communauté trans.

Souvent, des personnes qui font part de leur expérience personnelle relatent que’elles sont nées trans‘.

Voici un témoignage que nous avons reçu par mail :

“Depuis tout petit, je sentais que quelque chose n’allait pas en moi par rapport à la façon dont les personnes de mon entourage me considéraient. J’étais visiblement une petite fille au regard de la société, mais je n’en n’avais pourtant pas du tout la sensation. En revanche aussi étrange que cela puisse paraître, je côtoie des personnes transgenres qui considèrent être devenues trans avec le temps. Ma meilleure amie par exemple a pris conscience de sa transidentité après de nombreuses années seulement. “

Même si certains scientifiques estiment que la transidentité peut être perçue au niveau des réseaux neuronaux du cerveau dès le plus jeune âge, cette question divise toujours et continuera de diviser. Mais après tout, a-t-elle vraiment de l’importance ?

Pourquoi être trans’ ? Pour être soi.

Outre les débats et la violence, être transgenre c’est avant tout se donner la possibilité d’être heureux. Les débats autour de la transidentité sont très forts, on pourrait même parfois les caractériser au sens propre comme au sens figuré de violents.

Pour répondre à la question « Pourquoi est-on transgenre ? » la question tourne généralement au tour du fait de savoir si on naît trans ou si on le devient, mais ce faux débat a-t-il vraiment de l’importance ? Si l’on est transgenre, c’est parce-que l’on ne se sent pas bien dans sa peau. On a le sentiment que quelque chose n’est pas normal, que notre famille, nos proches, nos connaissances et la société de manière générale ne nous considèrent pas comme ils le devraient.

Si l’on est transgenre, c’est parce-que l’on a envie de se sentir heureux. Vous trouverez sur internet des centaines explications scientifiques ou non pour tenter d’expliquer la transidentité. Malheureusement, il faut parfois prendre conscience que dans la vie, tout ne n’explique pas toujours et qu’un même sujet peut avoir diverses explications. Selon nous, si vous êtes
transgenre, c’est parce-que vous cherchez à changer quelque chose en vous pour être plus heureux ou heureuse. Vous sentir libre, vous sentir vous-même, et cela n’a pas de prix.

Devenir transgenre suite à un moment clé, une révélation

Certaines personnes considèrent ne pas avoir été trans’ dès la naissance ont eu un moment clé dans leur vie qui les a mené à mieux se connaître, et à tirer cette conclusion. Une personne MTF m’a ainsi raconté par mail comment elle a découvert qu’elle n’était pas dans le bon corps lors d’une révélation qui s’est passée alors qu’elle était au lycée.

Témoignage d’Ophélie, transgenre depuis sa puberté

“Au début, je m’assumais vraiment en tant que garçon. Je ne m’étais jamais posé la question, je ne savais pas ce que c’était qu’être transexuel donc ça aide. Mais j’enviais mes amies filles, et n’ai jamais compris pourquoi mes parents refusaient de m’acheter des robes. Ni pourquoi c’est mal vu pour un garçon d’en porter : un bout de tissu, ça n’a pas a avoir un genre ! A l’adolescence, je me maquillais en cachette dès le début du collège. A ce moment là, pour moi je n’étais pas une fille, juste ce qu’on appelle aujourd’hui “genderfluid” (NDR : Quelqu’un qui aime parfois bien s’habiller et se comporter comme quelqu’un de l’autre genre). Le vrai déclic, je ne l’ai eu que quelques années plus tard, lorsque la puberté est arrivée. Je ne me sentais pas à l’aise dans ce que mon corps devenait, tout me répugnait chez moi. Je ne voulais pas même me regarder, me toucher, et encore moins envisager une relation avec quelqu’un. A ce moment là, j’ai compris que je n’étais pas la personne que j’étais censée être. A ce moment, j’ai su que j’étais une femme dans un corps d’homme, et que j’allais devoir me battre pour ma transidentité”

Ophélie, 24 ans

Chacun a sa raison d’être transgenre, son histoire, son “pourquoi”

Le sujet de cet article est très tabou dans notre société. Il est souvent
générateur de conflits. Si nous devions en tirer une conclusion, cela serait que chacun peut expliquer différemment sa transidentité. Même s’il est agréable de pouvoir comprendre, tout ne s’explique pas toujours.

Le plus important reste pour vous d’être heureux ou heureuse dans votre tête et votre corps. Pour l’entourage, l’essentiel est d’accompagner sans juger, et bien évidement d’aimer.

15 commentaires

    • Vivre Transgenre

      Très exactement Aranxa, être bien dans sa peau est vraiment tout ce qui compte, peu importe le genre auquel on s’identifie ou notre sexe. C’est ce message que je tente de transmettre sur ce blog 🙂

  • Chateau tristan

    Salut je m’appelle Tristan, j’ai une petite soeur qui a des problèmes hormonaux qui cause (en partie seulement, je pense pas que ce soit l’unique raison) une envie de change d’identité chez elle. J’ai envie de mieux la comprendre et mieux cassé certains de mes clichés pour ne pas la blessé par rapport à cela. J’ai aussi l’envie de débattre pour mieux comprendre ce phénomène beaucoup plus mit en avant dans notre société aujourd’hui.
    Donc si je pourrais avoir des pistes me permettant de mieux appréhender tout cela ce serait avec plaisir.

    • Vivre Transgenre

      Bonjour Tristan,

      Merci pour ton message, et pour ta démarche. Je trouve ça génial de ta part de chercher à mieux comprendre ta petite soeur pour mieux être là pour elle. Tu sais, le plus important, c’est justement ce que tu fais déjà : rester ouvert et à l’écoute pour elle. Si tu cherche à en découvrir davantage, je ne peux que t’encourager à parcourir davantage ce site, mais aussi à contacter pourquoi pas des associations LGBT à proximité. Ou plus simplement encore, à en parler directement avec elle 🙂

      Si jamais elle consulte un(e) psychologue, pourquoi ne pas demander à l’accompagner lors d’une de ses séances ? C’est souvent très enrichissant également.

      Je te souhaite tout le meilleur

  • Marie-Pierre

    Je me suis posé des questions pendants des années. Aujourd’hui à 43 ans je me fait un cadeaux d’être heureuse. J’ai commencer en parler il y a 2 ans et tranquillement à mes amis proches et ma famille et ensuite à mon travail.
    J’avait peur de m’afficher comme étant une femme au débuts par peur des jugements.une fois que ma famille et amis le savait et mon travail, là transition as été plus facile. Je travail avec le public et je dirait que la majorité des gens respecte cela.

    • Vivre Transgenre

      Quelle joie d’apprendre que ta transition s’est bien passée ! Tu as je pense pris le bon chemin, puisque c’est celui qui fait ton bonheur et que la réflexion s’est imposée à toi des années durant. Il peut parfois être délicat d’exposer notre identité à notre entourage, mais si cela est la chose qui nous semble juste, cela peut être vraiment libérateur une fois fait. J’ai l’impression que ça l’a été pour toi…

      Courage dans cette belle aventure, Marie-Pierre

    • Vivre Transgenre

      Jacques,

      Pas forcément non, au contraire.

      J’ai tendance à penser que chacun doit trouver son chemin. Si une personne transgenre peut se sentir heureuse sans passer par la chirurgie, c’est une merveilleuse chose 🙂

      La chirurgie est une étape qui n’est vraiment pas obligatoire pour se sentir homme ou femme. Déjà, parce qu’il y a les hormones. Ensuite, parce qu’aucune opération n’est sans risque, et celle-ci en particulier est très chère, très lourde, et irréversible. Si vous pouvez vous en passer, faites-le !

  • Alison

    Merci pour cet article! J’essaie de me renseigner pour essayer de comprendre la transexualite (je ne suis pas transexuelle)
    Néanmoins j’ai encore une question: beaucoup de transexuels justifient leur choix (a savoir changer de sexe) par le fait qu’ils ne jouaient pas avec les jouets “de leur genre” ou qu’ils se maquillaient en etant un garçon etc. Mais les jouets n’ont pas de genre! Une fille peut tres bien jouer avec un train et /ou une poupee tout comme un garçon! Et c’est la même chose pour le maquillage. Alors, changer de sexe pour pouvoir faire des actions “de l’autre genre que le sien” ne ferait pas qu’alimenter ces codes de société ?!

    • Vivre Transgenre

      Bonjour Alison,

      Très exactement, je suis d’accord avec vous !
      Je pense que c’est aussi pour cette raison qu’il y a autant de dé-transitions. Une personne m’a déjà annoncé se sentir transgenre (MTF) parce qu’à l’école elle jouait plutôt à l’élastique qu’au foot…

      Alors oui, certaines transitions sont basés sur des codes qu’elles alimentent elles-mêmes, ce qui est bien dommage. Mais chaque personne trans’ a ses propres raisons de se sentir d’un autre genre, son propre “pourquoi”.

      Je pense notamment aux personnes qui physiquement sont conçues différemment, et qui pour cette raison se sentent de l’autre sexe. D’autres ont toujours su, bien avant même d’arriver à l’adolescence, âge auquel on se pose de nombreuses questions et où l’on peut se tromper de voie. D’autres encore témoignent qu’avant leur transition, ils ont toujours aimé que la personne qui leur fait face pensent qu’il/elle est de l’autre sexe, sans trop savoir pourquoi, et ça a fait tilt 20 ans plus tard.

      Quelles que soient les raisons, c’est un chemin très personnel, qu’il est difficile de juger.

      Alors oui, parmi l’audience qui nous lit, beaucoup correspondront à la description que vous avez faites, et viendront ici dans un moment d’égarement… notre site est là pour eux, mais il est surtout là pour les autres 🙂

  • Colette

    Bonjour ,
    j’espère ne déranger personne, je suis à la recherche d’aide.
    merci pour votre site qui donne plein d’info hyper intéressantes et aidantes.
    ma belle-fille a eu depuis la rentrée une grande période de dépression.
    on a d’abord pensé que c’était lié au lycée , on est donc allé rencontré tout le monde.
    il y a une semaine après un entretien avec un professeur elle lui dit être transgenre, puis elle nous le dit quelques heures plus tard.
    je cherche donc a mieux comprendre comment elle s’identifie
    depuis 3ans que je la connait on a toujours parlé très librement de tous les sujets sexualité, politique, religon, .. l’idée était qu’elle puisse aborder tous les sujets librement et qu’elle ne soit pas seule.
    alors son annonce a été une surprise, elle met beaucoup sa féminité en avant allait spontanément vers des robes des jupes, du maquillage, que les T-shirt de son père , ses sweats, et les joggings.
    elle est attiré tant par les hommes que les femmes

    on l’accompagne dans son changement de coiffure et de garde robe.
    mais quand je l’écoute, il faudrait que tout change radicalement d’ici la fin de la semaine …
    alors en plus de me sentir démunie, je m’interroge.
    A 15ans, qu’est ce qui lui apporterait la meilleure aide et le meilleur soutien, tout lui accordé comme le dit le lycée ? ou lui donner une échelle de temps pour que le choses se mettent en place en s’ancre, un temps plus long que 1semaine.
    Car la toute première fois ou son changement à été évoqué , date d’il y a 7 jours ?
    je veux vraiment l’accompagner au mieux, je veux son bien , son équilibre son bonheur,
    mais là, je me sens désarmée et démunie.

    • Vivre Transgenre

      Bonjour Colette,

      Il/elle n’a pas à se presser. Je pense que le mieux est une conversation à cœur ouvert. Lui dire que bien sûr vous êtes là pour l’accompagner dans ce changement, et que même si il/elle a hâte de faire une transition complète, ça se construit pas à pas 🙂

      Le plus important à cette étape est la reconnaissance, surtout à cet âge où l’on a tant besoin d’être validé par son entourage et sa famille. Ce que vous pouvez déjà faire, c’est utiliser les pronoms qui lui conviennent le mieux (il/lui s’il s’agit bien d’une personne qui fait une transition de femme vers homme). Changer sa coupe de cheveux l’aidera aussi.

      Accordez-lui en premier lieu votre soutien via les mots. Faites lui part de votre sentiment également : que vous avez envie d’aider au mieux, mais que les choses prennent un peu de temps. Par exemple, on ne change pas de prénom une semaine après son coming-out, tout comme on ne se fait pas opérer dès le lendemain !

      Le tout est de prendre en compte cette “nouvelle” identité qui est la sienne… et qui finalement ne change rien

      Bravo à vous de chercher à le soutenir, et courage dans ce parcours

  • Cité d'or

    Bonjour,
    je me demandais comment etre transgenre si on a peur detre jugé par son entourage???
    est ce normal de vouloir etre un male plutot dune femelle??jaimerais en parler mes ceci est malhaisant…jai meme peur de le dire a mes amies que jaimerais etre un gars plutot qune fille,mes si elle me juge elle me detestera.que doi-je faire??

    Merci

  • Cité d'or

    Rebonjour,
    je me demandais comment etre en couple avec son copain si tu veut etre un gars et que lui est hétérosexuel??jaime aussi une fille mes jai peur de le lui dire ou dee vouloir me séparée de mon copain et detre jugé par les gense detre en couple avec une fille puit detre trangenre.

    Merci et Aurevoir

  • Nanou zen

    Bonjour vivre transgenre

    je suis la grand mère d’un trans ftm. Je m’excuse d’avance si j’exprime mal mes idées et surtout je vous écrits pour aider ma petite fille et m’aider à l’accompagner au mieux sans être blessante car je l’ai été déjà en parole en la reprenant par exemple quand elle disait il ou n’accordait pas un adjectif au féminin. En ce moment, je lis beaucoup sur le sujet, les document des associations comme ant-france, entrans.org, espacesantetrans … j’ai regardé des vidéos, des émissions…
    j’ai compris qu’il fallait être dans l’écoute et l’accompagnement pour lui.
    Je m’informe et j’augmente mes connaissances.
    Cependant qui m’accompagne moi pour m’aider ? Je dois admettre que ce qui me fat mal c’est que j’avais une petite fille qui s’appelait R… et que maintenant j’ai un petit fils qui s’appelle L…. j’ai compris que je dois faire le deuil du genre cependant ce n’ai pas si facile que cela. j’ai eu une discussion, il y a 15 jours avec L… qui a été houleuse car ” il nous obligerait à l’appeler L…” (comme à l’adolescence les jeunes peuvent le faire. ) Je lui ai répondu assez autoritairement en réactionnel que je ne pouvais pas tout faire d’un coup et qu’elle ne pouvait pas exiger cela la tout de suite. j’ai vu que je l’avais blessé et j’ai réexpliqué mes propos plus doucement.
    Cependant, en discutant avec ma fille, il y a 8 jours. L… ce qu’elle a retenu c’est que pour une grand mère soit disant ouverte, je ne l’étais pas tant que cela. Cette situation m’a beaucoup peiné et encore à ce jour car je suis dans la culpabilité d’avoir fait du mal à L… et je réalise qu’en effet je ne suis peut être pas si ouverte que cela… Pour le moment, j’ai choisi d’attendre d’être avec lui pour en reparler calmement et surtout en face à face et non au tel. Par contre je me questionne s’il ne faut pas que je l’appelle car je ne le reverrait qu’en juillet ?

    Je vous livre mon ressentit difficile de grand-mère dans le deuil que je dois faire, ma douleur est moindre par rapport à L… mais je ne vais pas la nier car cela me fait parfois pleurer et je me sens aussi parfois impuissante et mal communicante …

    je suis preneuse de votre aide
    belle fin de journée

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