Transgenre : qu’en pense la science ?

C’est bien là notre plus grande qualité (ou notre plus grand défaut ?) en tant qu’êtres humains, nous cherchons toujours à tout expliquer. Pour l’homme, une question sans réponse est impensable. Nous ne pouvons-nous empêcher de chercher une explication scientifique ou du moins rationnelle à chaque situation qui peut paraître « anormale ». Certains scientifiques qui considèrent la transidentité comme quelque chose « d’anormal » (le mot peut sonner comme une critique à l’oreille d’une personne trans mais il faut bien le considérer d’un point de vue scientifique, non comme un jugement) ont étudié le phénomène très en détails. Observons ensemble ce qu’il en est. 

La science de la transidentité

Statistiques sur les transgenres en France : combien en compte-t-on ?

Selon une étude très sérieuse réalisée par l’association ORTrans en 2016, on comptait à l’époque en France près de 15 000 personnes transgenres. Ce qui mathématiquement signifie que dans notre pays, 1 citoyen(ne) sur 4400 serait transgenre.

Cette étude est à prendre avec du recul car elle date de 2016 ce qui la rend un peu démodée. De plus, de très nombreuses personnes transgenres ont du mal à l’assumer et ne sont donc parfois pas comptabilisées dans les statistiques.

Quoi qu’il en soit, cela représente tout de même un échantillon d’individus conséquent et de très nombreux scientifiques se sont donc penchés sur la question afin d’étudier la transidentité. 

Transidentité et analyse du cerveau : peut-on observer une différence chez les transgenres ?

L’un des champs d’analyse favori des scientifiques afin de tenter d’expliquer la transidentité est l’étude du cerveau, pour espérer en tirer des preuves scientifiques. Laura Case une chercheuse de l’université de Californie à San Diego aux Etats-Unis a analysé chez plusieurs individus transgenres la façon dont le cerveau des personnes (on ne parlera pas ici de « patients » car la transidentité n’a rien d’une maladie) traite leur image corporelle.

En résumé, elle a cherché à comprendre en regardant de très près l’intérieur du cerveau des personnes pourquoi elles ne se sentaient pas à l’aise dans leur corps. Observant les cerveaux par magnétoencéphalographie, la scientifique remarque que lorsque qu’un individu FTM (personne née dans un corps de femme mais se sentant homme) se fait toucher la poitrine, son cerveau ne réagit pas de manière spécifique.

En d’autres termes, l’individu réagit comme si cette partie de son corps ne lui appartenait pas vraiment. De manière très claire, la scientifique observe que les cerveaux des personnes trans’ sont différents en matière d’implication des réseaux neuronaux. Une explication scientifique qui fait sens. Cette différence au niveau de la conscience des sensations explique très logiquement pourquoi une personne transgenre ne se sent pas à l’aise dans son corps et éprouve une envie de changement de sexe.

Ces différences cérébrales se perçoivent-elles dès la naissance chez les personnes trans’ ?

Les études ne font donc aucun doute : les réseaux neuronaux des personnes transgenres réagissent différemment face à plusieurs stimulations. Mais cette différence au niveau du cerveau est-il visible dès le plus jeune âge ? Cela reste encore à être déterminé et étudié plus amplement.

Même si ces observations scientifiques de Laura Case sont extrêmement intéressantes, le plus dur sera en effet dans le futur de pouvoir déterminer si ces différences à l’intérieur du cerveau apparaissent à la naissance ou si à l’inverse c’est un phénomène qui se développe avec le temps. Selon une autre étude portant sur la transidentité chez les enfants, on estime qu’à partir de l’âge de 2 ans un bébé peut ressentir un décalage entre son anatomie corporelle et son identité de genre.

En continuant sur cette même étude, les chercheurs développent en disant que sur ces 100 enfants qui ressentent ce décalage à partir de 2 ans, 73 verront les doutes s’effacer au moment de la puberté à 13 ou 14 ans. En revanche comme vous pouvez le deviner, les 27 autres vont confirmer leur transidentité avec le temps. (D’où l’intérêt aussi pour une personne qui se pense transgenre de se laisser le temps de réfléchir pour être sûr(e))

Transidentité : fait scientifique ou effet de mode ?

Ce qu’il est extrêmement important de retirer de ces différentes études scientifiques, c’est que la transidentité est visible dès le plus jeune âge à l’intérieur du cerveau. Contrairement à ce que les mauvaises langues peuvent vous dire, être transgenre n’est pas une mode. Ce n’est pas non plus un pratique qui est utilisée pour se démarquer des autres dans la plupart des cas.

Bien sûr, les mêmes études nous disent que dans 73% des cas, les enfants qui se pensent transgenres viennent finalement à changer d’avis à la puberté. Mais ne voyez pas ça comme un caprice qui se tarit avec le temps : c’est une crise identitaire qui finit par conclure sur la voie la plus appropriée. Et oui, parfois on se rend compte que l’on est simplement né(e) dans le mauvais corps.

Le métier d’existant n’a pas de mode d’emploi, alors chacun trace son chemin, se trompe parfois, et revient sur ses pas ! L’important est d’être bien avec soi-même.

Et oui, dans d’autres cas on “détransitionne”, se rend compte qu’au final on est bien dans sa peau sans changer de sexe, que ça n’est pas fait pour nous. Le métier d’existant n’a pas de mode d’emploi, alors chacun trace son chemin, se trompe parfois, et revient sur ses pas ! L’important est d’être bien avec soi-même.

La transidentité est-elle une maladie ? Conseil aux parents

Être transgenre n’est pas une maladie. C’est un phénomène psychologique qui a ses explications, et vous vous devez donc de le comprendre afin d’accompagner vos enfants et les aider à être heureux. A titre personnel, je pense que ces études sont également importantes pour les parents qui observent les premiers signes de transidentité chez leur enfant. Soyons clair, répéter à votre enfant « Ceci est un poupée, c’est pour les filles donc pas pour toi » ne changera strictement rien au problème… Si votre enfant est transgenre, aimez-le/la comme il/elle est. Son parcours sera déjà assez compliqué comme ça pour avoir en plus à supporter le rejet de sa famille, non ? Faites de votre mieux : il/elle vous le rendra.